Le billet de Jean Corcos – Antisémitisme chez les jeunes, l’alerte

29 January 2025 | 201 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaëla ! Sur ce blog, Raphaëla vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Antisémitisme

Billet d'humeur par Marc Knobel

Pour la énième fois l'ONU s'apprête à voter le financement d'une liste noire d'entreprises internationales opérant dans les territoires contestés.

Seront ainsi montrées du doigt les sociétés se trouvant à Jerusalem, sur les hauteurs du Golan et en Judée -Samarie.

" Le guide du parfait boycotteur antisémite" sera ainsi financé par l'ONU.

Un pas de plus sera franchi !

 

En 2005, le fait religieux envahissait peu à peu et dans la confrontation, les cours de récréation. L’agitation religieuse commençait à provoquer des dégâts dont nous payons le prix lourd aujourd’hui.

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

POUR JERUSALEM PAS UNE VOIX NE DOIT MANQUER
POUR JERUSALEM AUCUN D’ENTRE NOUS NE PEUT SE TAIRE
 

 

Cette période de fêtes juives en France, rime aujourd'hui avec contrôles de sécurtié et détecteurs de métaux

Je suis intervenu aux deux conférences internationales sur l’antisémitisme organisées la semaine dernière à Paris.

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Mensonges, haine et illégalité.

La fête de l’Humanité, où artistes, politiques et public se pressent, a accueilli une fois de plus un stand appelant à la haine d’Israël.

Dimanche 11 septembre 2016, j'étais l'invité de l'émission "30 minutes pour convaincre".

Dans la newsletter du CRIF du 5 septembre 2016, nous reproduisions une information  faisant état de la publication d’un rapport, publié le 1er septembre 2016 et préparé par l'Association Voices for Human Rights et l'Institut Touro (Touro Institute on Human Rights and the Holocaust).

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

J'ai recueilli pour la newsletter du Crif les réponses aux questions posées à cet homme qui, pris dans le tourment de l’histoire-celle avec sa grande hache dont parlait Perec- est resté libre jusqu’au bout des ongles

Retour sur le déchaînement de haines antisémites qui s’est produit l’été 2014, en France.

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Flambée en milieu scolaire
 

Le 7-Octobre 2023 a entraîné une flambée des actes antisémites. En trois mois, leur total enregistré par le Service de Protection de Communauté Juive (SPCJ) montrait qu’ils étaient aussi nombreux que pour les trois années précédentes. L’année 2024 a hélas démontré que, en France comme dans le monde, il ne s’agissait pas d’un incendie maîtrisé : 1 570 actes antisémites recensés l’an dernier, la majorité concernant une atteinte aux personnes dont 106 agressions physiques, deux incendies de synagogues et le viol d’une fillette. L’an dernier, le SPCJ a recensé 192 actes antisémites en milieu scolaire, alors même que dans beaucoup d’établissements il s’agit d’un « antisémitisme sans Juifs ». Ce chiffre est aussi bien inférieur à celui publié par le ministère de l'Éducation nationale et celui de l'Enseignement supérieur (1 670) ; en effet, la majorité des actes à caractère antisémite signalés par les établissements à leurs ministères ne font pas l’objet de plaintes. La période post-7-Octobre a vu aussi un développement très inquiétant de l’antisémitisme en milieu universitaire (240 actes enregistrés par la ministre de l’enseignement supérieur pour l’année scolaire 2023-2024).

 

Deux études récentes dévoilent un antisémitisme plus important chez les moins de 35 ans

La radiographie publiée par la Fondapol et l’AJC établit un « indice de pénétration » à partir de l’adhésion à des opinions, tels que : « il est acceptable de faire une blague sur la Shoah » ; ou le pire « il est acceptable de bousculer ou avoir un comportement physique agressif envers un individu en raison de son soutien à Israël ». Plus de 23 % des jeunes se retrouvent dans ces affirmations (17 % pour l’ensemble des Français). Chiffres troublants : 14 % des moins de 35 ans disent éprouver de la sympathie pour le Hamas ; et 6 % disent que la Shoah est une invention.

Autre étude, publiée par l’Institut Ipsos. À partir d’une palette de seize préjugés antisémites, il est relevé que 46 % des Français adhèrent à six opinions antisémites ou plus, en hausse par rapport à 2020. Mais cette hausse est la plus forte chez les sympathisants de La France insoumise (LFI) (55 % dans cette tranche, dépassant ceux du Rassemblement National). À rebours du reste des Français, ils sont les moins nombreux à comprendre les craintes des Juifs ; les moins nombreux à voir l’impact de la guerre au Proche-Orient sur l’antisémitisme ; ceux qui éprouvent le moins de sympathie pour le peuple israélien ; et si 12 % des Français jugent que ce serait une bonne chose si les Français juifs quittaient leur pays, ce pourcentage monte à 20 % chez les soutiens de LFI. Ipsos ne donne pas une ventilation par âge, mais le recoupement est simple à faire avec les chiffres de l’élection présidentielle de 2022 : 34 % des Français de 25 à 34 ans avaient voté Jean-Luc Mélenchon, le plus populaire chez les jeunes avant Marine Le Pen (25 %).

 

Alors, pourquoi ?

Les explications simplistes ne suffisent pas : la réception positive aux pires messages de LFI pourrait être la même pour d’autres tranches d’âges, d’autant qu’on évoque souvent une jeunesse dépolitisée ; le fait que l’on ait plutôt une sensibilité de gauche quand on est jeune a toujours existé ; enfin, ceux qui ont de la mémoire savent que l’antisionisme était déjà porté par beaucoup de leaders étudiants de mai 1968, souvent trotskistes : mais ils ne se singularisaient pas par une outrance antisémite.

Une fois identifiés les nouveaux vecteurs de l’antisémitisme – pour le dire vite, l’islamisme militant pour les uns et la gauche radicale pour les autres – il faut décoder le ressort principal de leurs discours : il exprime une révolte vécue comme légitime. Or il est facile d’accepter des discours simplistes quand on n’a pas encore intégré la complexité du monde, par son expérience propre et par un minimum de culture ; soutenir, par exemple, l’affirmation « La création d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste » incite à croire qu’il serait simple d’y mettre fin, en reprenant le slogan du Hamas « From the river to the sea », entendu sur les campus aux États-Unis et ailleurs.

 

Une haine grandie dans un terreau fertile

L’effondrement scolaire dans trop d’établissements n’a certes pas aidé à appréhender l’histoire lointaine ou récente du Proche-Orient. Mais il y a pire. Toutes les études nous disent que la manière de s’informer n’est plus la même : les « millénium » sont passés directement à l’ère des smartphones, où le temps et l’espace sont condensés simultanément ; le numérique a permis des espaces de non droit et où les pires outrances peuvent se déchaîner ; et sans surprise, l’étude de Fondapol indique que ce sont ceux qui ont comme principale source d’information Youtube et les réseaux sociaux, qui sont les plus perméables à l’antisémitisme.

Utilisant un public a priori plus réceptif, des militants en nombre réduit mais très bien organisés sont parvenus à diffuser en milieu universitaire une rhétorique antisioniste radicale. Comme le mentionne le dernier rapport du SPCJ, « le martèlement de l'accusation mensongère de génocide, ainsi que son corollaire consistant à accuser les soutiens d'Israël d'être "pro-génocide", ont contribué à diaboliser l'image des Juifs en France et à justifier un comportement hostile ou insultant à leur égard ». 

 

Autres motifs d’inquiétude

Sans négliger la réalité des préjugés antisémites chez une partie des électeurs des partis d’extrême droite, les Français juifs voient logiquement dans la mouvance des Insoumis la pire menace sur leur avenir. Or Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants ont développés un appareil militant et des discours taillés sur mesure pour les moins de 35 ans : députés jeunes, très présents et agressifs sur les réseaux sociaux ; jonction réussie avec les plus activistes de la mouvance islamiste ; et programme, certes démagogique mais « qui parle » à une jeunesse s’estimant – souvent à raison – déclassée par rapport aux générations précédentes.
Pour finir, une autre explication rarement évoquée : en raison à la fois d’une pression hostile et d’un retour familial à la religion, beaucoup d’enfants juifs ne fréquentent plus les écoles du public. Et ainsi, « le Juif », sa sensibilité, sa mémoire, ont presque disparu du paysage pour la jeunesse française d’aujourd’hui.

 

Jean Corcos

 

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