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Published on 7 February 2022

Monde - Mort sur le Nil interdit au Koweït en raison de la présence de Gal Gadot

Le soutien de l'actrice à l'armée israélienne, lors de la guerre de 2014, continue de nourrir des appels au boycott de ses films.

Publié le 6 février dans le Figaro

La présence de Gal Gadot aura suffi à réveiller les censeurs koweïtiens. Le film américain Mort sur le Nil , adaptation par Kenneth Branagh du roman d'Agatha Christie et mettant en scène l'actrice israélienne, a été interdit de diffusion au Koweït, ont indiqué dimanche les autorités du pays. Une censure qui est loin d'être une première, pour les films présentant Gal Gadot parmi les têtes d'affiche.

Contacté par l'AFP, le ministère koweïtien de l'Information a confirmé une information de la presse locale selon laquelle le film qui sort prochainement dans plusieurs pays, ne sera pas autorisé dans les salles du Koweït. Sans toutefois expliquer la raison de l'interdiction. D'après le journal koweïtien Al-Qabas cette décision aurait été prise après des appels au boycott, lancés sur les réseaux sociaux, de l'héroïne du film Gal Gadot. Pour cette nouvelle adaptation du roman policier d'Agatha Christie, l'actrice interprète le rôle, central dans l'intrigue, de la riche héritière Linnet Doyle.

Des déclarations anti-Hamas

Le film est cependant moins au cœur du boycott, que des propos énoncés il y a huit ans par la comédienne. L'actrice avait notamment défendu l'offensive meurtrière d'Israël contre l'enclave palestinienne de Gaza à l'été 2014. Cette guerre dévastatrice avait entraîné la mort d'au moins 2251 Palestiniens, pour la plupart des civils, et fait 74 morts côté israélien, surtout des soldats. Gal Gadot avait alors salué sur Facebook l'armée israélienne et critiqué le Hamas au pouvoir à Gaza. En 2017, la sortie de Wonder Woman , avec Gal Gadot dans le rôle-titre, s'était déjà accompagnée d'un boycott du film dans plusieurs pays arabes, dont le Koweït mais aussi la Tunisie.

En soutien à la cause palestinienne, le Koweït refuse toujours la normalisation avec Israël, contrairement à plusieurs pays arabes de la région qui ont signé ces dernières années des accords avec l'État hébreu. Le 15 septembre 2020, les Émirats arabes unis et Bahreïn étaient devenus les premiers pays arabes du Golfe à normaliser publiquement leurs relations avec Israël, sous l'impulsion de Washington.

Surnommé «accords d'Abraham» , ce premier traité de normalisation avait également abouti à des pactes similaires avec le Maroc et le Soudan. Ils ont été dénoncés par les Palestiniens comme une «trahison», la résolution du conflit israélo-palestinien étant longtemps restée une condition préalable à toute normalisation des relations des pays arabes avec Israël. En mai 2021, le Koweït avait convoqué l'ambassadeur tchèque qui avait exprimé sur les réseaux sociaux son soutien à Israël lors d’affrontements meurtriers entre l'État hébreu et le Hamas à Gaza. Ce dernier avait finalement présenté des excuses.