Tribune
|
Publié le 23 Avril 2013

Notre frontière avec la Syrie risque de s’enflammer

 

Par Freddy Eytan

 

Voilà déjà deux ans que la Syrie est ravagée par une guerre civile meurtrière et les puissances occidentales n’osent pas intervenir. Contrairement aux prédictions simplistes des experts et des observateurs, Bachar el-Assad est toujours au pouvoir et son armée demeure fidèle au régime alaouite. En dépit des massacres quotidiens, la Russie continue à fournir des armes, notamment des roquettes et des missiles sophistiqués pouvant atteindre une cible située à 300 kms. Elle entraîne également les soldats syriens dans les combats de guérilla. 

 

Quant à l’Iran, les ayatollahs apportent un soutien financier et économique considérable et un appui logistique fourni par les forces du Hezbollah installées dans le pays et au Liban.

 

Pas moins de 90 groupes terroristes islamistes combattent aujourd’hui dans les rangs des rebelles. Certains possèdent des réseaux actifs dans la partie syrienne du plateau du Golan, à quelques centaines de mètres seulement de notre frontière. Le groupe le plus dangereux demeure le Front étranger Al-Nosra. Vêtus d’habits noirs, de cagoules et portant une épaisse barbe sans moustache, ils forment un millier de combattants sanguinaires venant notamment de Tchétchénie et d’Afghanistan. Ils sont surtout installés dans la partie sud du Golan, au triangle des frontières avec la Jordanie. Faisant partie du Jihad mondial, et proche d’al-Qaïda, le Front Al-Nosra a un objectif plus ambitieux que la chute de Bachar el-Assad. Leur combat porte surtout contre les “mécréants sionistes”! 

 

La guerre en Syrie provoque toujours le départ de milliers de réfugiés par semaine. La Jordanie très inquiète de la situation a déjà accueilli plus d’un million de réfugiés et le Liban 480 000. Dans le pays du Cèdre et le long de la frontière, les combats entre opposants et militants d’Assad s’accentuent et risquent de dégénérer en un nouveau conflit local.

 

Dans ce contexte grave, très inquiétant, et devant l’arsenal d’armes non conventionnelles, Benjamin Netanyahou se trouve en contact permanent avec le roi de Jordanie. L’armée israélienne a pris déjà des mesures nécessaires et a renforcé ses effectifs par des soldats d’élite. Un canal a été creusé ainsi qu’une nouvelle barrière de sécurité d’une longueur de 60 kms équipée de caméras, de radars et de points d’observation.

 

Nous devons éviter à tout prix l’escalade et un retour à la période d’avant juin 1967, aux attentats terroristes et aux bombardements contre les villages et les kibboutzim installés le long du lac de Tibériade. Le plateau du Golan a été calme durant plusieurs décennies et les pays occidentaux devraient agir avec détermination pour qu’il ne se transforme pas en plaque tournante du terrorisme international.

 

Au moment où le nouveau Secrétaire d’État à la Défense, Chuck Hagel, négocie un nouveau contrat d’armement avec Israël et face à la menace nucléaire iranienne, nous devons exiger des États-Unis une intervention plus énergique devant la désintégration de la Syrie. Depuis le 11 septembre 2001, l’Amérique est devenue vulnérable aux attentats terroristes, mais semble, même après le dernier cauchemar de Boston, indifférente à la crise syrienne. L’administration américaine et la CIA devraient savoir que le combat contre le Jihad mondial devrait être déraciné à la source, à savoir dans cette région du monde : outre en Afghanistan et en Irak, les terroristes islamistes sont omniprésents sur le plateau du Golan, à Gaza, et dans la péninsule du Sinaï.