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Crédit photo : ©Alain Azria
Serge Klarsfeld s’est engagé dès 1979 à défendre les orphelins de la Shoah, injustement exclus des indemnisations françaises et allemandes, en militant pour la reconnaissance du rôle de la France sous Vichy et en obtenant la création d’une rente en leur faveur en 2000. Grâce à son action et à celle de la Claims Conference, ces orphelins perçoivent aujourd’hui une indemnisation permettant aux plus précaires d’échapper à la misère. En poursuivant son combat pour la mémoire et la justice, Serge Klarsfeld a permis des avancées historiques en faveur des survivants et de leurs descendants.
Serge Klarsfeld a expliqué que depuis la création en 1979 de l’Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, il s’est préoccupé de la situation des orphelins de la Shoah, anticipant la précarité qui les attendait avec l’âge. Beaucoup, n’ayant pas eu de carrière stable en raison des traumatismes subis, risquaient de sombrer dans la misère. Serge Klarsfeld s’est engagé à leur fournir les ressources nécessaires pour éviter cette situation. Ces orphelins, bien que victimes directes de la Shoah, ont été oubliés lors des indemnisations allemandes. Nés en France mais souvent enfants de parents étrangers, ils n’ont reçu aucune compensation de la France, qui estimait ne pas leur devoir réparation, ni de l’Allemagne, qui considérait avoir versé les fonds nécessaires à l’État français. Seuls ceux dont les parents étaient français ont obtenu une indemnisation minime, répartie parmi toutes les victimes de la déportation, juives ou non. Serge Klarsfeld comprenait que la reconnaissance des responsabilités de la France sous Vichy était une condition indispensable pour obtenir justice. Son engagement a contribué à la reconnaissance officielle du rôle de la France dans la déportation des Juifs, scellée par le discours historique de Jacques Chirac en 1995 au Vél’ d’Hiv. La veille de ce discours, Serge Klarsfeld a interpellé les autorités sur les indemnisations non résolues. Cette prise de position a mené à la création de la commission Mattéoli, avec le soutien des Premiers ministres Alain Juppé et Lionel Jospin. Il s’est battu pour l’instauration d’une rente destinée aux orphelins de la Shoah, et a réussi à convaincre la commission de proposer cette mesure au gouvernement. Cette rente a été adoptée en 2000, accompagnée de la création d’une commission d’indemnisation pour les victimes des expropriations antisémites et d’une Fondation pour la mémoire de la Shoah. Grâce à ces efforts, 14 000 orphelins ont bénéficié de cette rente, initialement fixée à 400 € par mois. En 2008, une indexation exceptionnelle de 2,5 % par an, obtenue grâce à son fils Arno, alors conseiller de François Fillon, a porté cette somme à 680 €. Par ailleurs, la Claims Conference a étendu l’indemnisation à la plupart des enfants juifs ayant vécu en France sous l’Occupation. Beate Klarsfeld a joué un rôle clé dans les négociations avec le ministère des Finances allemand, insistant sur le fait que ces enfants vivaient sous la même menace que ceux d’Europe de l’Est. Aujourd’hui, avec la rente allemande de 650 €, les orphelins de la déportation les plus précaires échappent à la misère.
Serge Klarsfeld a salué le travail de la Claims Conference et de la commission d’indemnisation des victimes d’expropriations, qui ont permis à de nombreux survivants de recevoir réparation. En tant que vice-président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il a financé des initiatives en faveur de la santé et de la solidarité des survivants.
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Partie 1
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