English
Français
Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 2 000 collégiens et lycéens. Elle révèle l’importance d’un antisémitisme du quotidien qui, en s’installant dans le langage courant et/ou dans les mentalités d’une partie de la population scolaire dès le plus jeune âge, crée lentement, mais sûrement, les conditions d’une légitimation de discours et de comportements plus violents.
Cette enquête sera présentée lors du colloque « L’École de la République à l’épreuve de la montée de l’antisémitisme » organisé par le Crif, la Fondation Jean-Jaurès et l'IFOP au Sénat, avec le concours du sénateur Laurent Lafon, président de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport au Sénat. Ce colloque sera intégralement retransmis en direct sur les réseaux sociaux du Crif le 6 mars 2025.
Elle s’inscrit dans un contexte de hausse massive de l’antisémitisme en France depuis le 7-Octobre. Pour l’année scolaire 2023-2024, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 4 fois plus d’actes antisémites à l’école que sur l’année scolaire précédente.
Pour l’année scolaire 2023-2024, le ministère de l’Éducation nationale a également mis en avant le fait que 46 % des actes racistes et antisémites recensés à l’école visaient des élèves juifs. Le ministère recense ainsi 1 670 actes à caractère antisémite sur un ensemble de 3 600 actes racistes et antisémites.
L’enquête réalisée par l’IFOP pour le Crif et la Fondation Jean-Jaurès révèle que 51 % des élèves ont déjà entendu dire du mal des Juifs de la part d’élèves de leur établissement.
1 élève sur 4 considère par ailleurs acceptable au moins l’un des propos suivants : « ne fais pas ton feuj » (à propos d’un élève qui ne veut pas prêter, payer ou partager), « un juif c’est riche », « sale feuj », « les juifs, on les reconnaît » (en faisant référence au nez d’un élève), « Hitler, il aurait pu finir le travail », ou encore « sale sioniste ».
16 % des élèves refuseraient de nouer certaines relations amicales ou sentimentales avec des élèves de religion juive. Ce chiffre explose lorsque l’enfant affiche son soutien à Israël. L’enquête révèle en effet que 37 % des élèves refuseraient de nouer certaines relations amicales ou sentimentales auprès des élèves de religion juive affichant leur soutien à Israël.
L’enquête révèle également qu’une large part des élèves juifs adoptent des stratégies d’invisibilité pour éviter d’être ciblés. Ainsi, 21 % des élèves ont vu des élèves juifs dissimuler leur origine ou religion juive dans l’établissement, tandis que 14 % des élèves témoignent avoir vu « des élèves juifs qui quittaient ou évitaient un établissement parce qu’ils ne s’y sentaient pas en sécurité »).
L’enquête complète est à retrouver en fichier joint de cet article.
Cette étude est construite autour de différents matériaux, dont une série d’entretiens avec de jeunes écoliers juifs, âgés de 8 à 15 ans, et scolarisés dans des écoles publiques ou dans des écoles privées non juives. Ces entretiens ont été réalisés par le Crif en partenariat avec « Noé pour la jeunesse » et sont disponibles en podcasts.
À lire aussi :