Malgré des conditions locales difficiles (la grande manifestation contre le « mariage pour tous » longeait l’immeuble), la Convention nationale du CRIF qui s’est tenue au Cap 15 le dimanche 13 janvier à Paris a été un grand succès de l’avis de tous ceux qui y ont participé. Les salles souvent pleines et en particulier archicombles lors de l’éblouissant échange entre le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim et le philosophe Alain Finkielkraut témoignent du caractère désormais installé de cette journée qui fut, non pas la seconde, mais bien la troisième Convention du CRIF, car la première avait été instituée par mon prédécesseur Roger Cukierman au cours de son mandat.
Editorial publié dans le n°1239 d'Actualité Juive du 10 janvier 2012
Le 13 janvier 2013 aura lieu la Deuxième Convention Nationale du CRIF. La précédente avait pour titre « Demain, les Juifs de France… ». Le nouvel intitulé indique que l’état d’esprit actuel est à l’inquiétude.
Évidemment, il y a eu les assassinats de Toulouse. Ils ont bouleversé l’opinion publique à tel point que, derrière l’élection présidentielle et la crise économique, ils furent les nouvelles les plus marquantes de l’année 2012. Pas seulement en France. Dans tous les nombreux pays où j’ai voyagé, la communauté juive locale a été traumatisée par ce qui s’était passé dans l’École Ozar Hathora le 19 mars 2012. Au point d’en tirer des pronostics sombres pour le judaïsme français, considéré pourtant comme particulièrement vivace et actif.
Il y a quatorze mois une enquête de la rédaction de France Télévision de la série "un Oeil sur la Planète" avait scandalisé beaucoup de spectateurs par son parti-pris anti-israélien. Nous avions en particulier protesté (voir la vidéo: "Droit de Regard") contre une séquence filmée à Gaza par l'organisation ISM, sobrement définie au cours de l'émission du titre de "organisation humanitaire" alors qu'il s'agit d'une organisation palestinienne tout à fait maximaliste. C'est au cours de cette fameuse séquence qu'on a appris que les Israéliens tiraient "à vue" sur les paysans palestiniens venus travailler la terre dans un no man's land entre Gaza et Israël. Ce qui était évidemment un mensonge éhonté.
Je n’ajouterai pas en ce 31 janvier à la litanie des bilans, hits parades et voeux qui parcourent les journaux et sites Internet. Les balises du passé récent aident à prévoir des lignes de force du futur proche, mais l’histoire n’est pas un déterminisme sec ; si une chose est certaine pour 2013, c’est que l’année nous réservera des surprises. La tonalité globale est certes celle de l’inquiétude. Elle vaut mieux que l’illusion, mais ne doit pas conduire à la résignation et ne doit pas s’alimenter d’elle-même dans une spirale autodestructrice.
UN Watch nous rappelle que l’Assemblée générale de l’ONU au cours de la session 2012 a passé 26 résolutions condamnant pour son action un pays particulier. La Syrie, l’Iran, la Corée du Nord et la Birmanie ont été une fois la cible de critiques. Israël l’a été 22 fois (85% des résolutions).
Un document de la CIA datant de 1987 vient d’être déclassifié. Il livre un éclairage inédit sur les activités d’espionnage de Jonathan Pollard au profit d’Israël.
Mercredi 12 décembre 2012, la Chambre Basse du Parlement allemand, le Bundestag, a adopté par 434 voix contre 100 et 46 abstentions, une loi autorisant les parents à faire effectuer une circoncision sur leurs enfants. Le vote de la Chambre Haute (le Bundesrat) ne devrait être qu’une formalité. L’accord des deux parents est nécessaire pour que l’intervention soit faite. Ils n’ont pas à donner de raison, religieuse ou autre, pour demander à faire circoncire leur fils.
Le grand article sur Khaled Mechaal signé par Benjamin Barthe dans l’édition du dimanche 9/ lundi 10 décembre 2012 du Monde est un superbe exemple de ce que j’appellerais, avec beaucoup d’optimisme pour les intentions de l’auteur, un exercice d’aveuglement volontaire.
La décision du gouvernement israélien de procéder à la construction de 3000 logements dans le secteur E1 a soulevé beaucoup de controverses. Certains se sont étonnés de l’opportunité du moment. D’autres, plus nombreux, en ont critiqué le principe, sur la base d’un interdit des constructions qui est devenu depuis quelques années un lieu commun de la position internationale dans le conflit israélo-palestinien, alors que cela n’avait pas été le cas jusque là.
L'Assemblée générale de l'O.N.U a voté par 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions, l'admission de la Palestine comme Etat observateur non membre. La France a voté en faveur de cette admission (le discours de l'Ambassadeur de France à l'O.N.U. Gérard Araud est retranscrit dans cette newsletter).
Nous reproduisons ici le texte de Richard Prasquier.