Pierre-André Taguieff

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Tribune
Publié le 17 Mai 2013

Comment expliquer la violence de l'antisémitisme?

 

Par Pierre-André Taguieff, philosophe, politologue et historien des idées

 

Violences et modes de rationalisation

 

Ce qu'il est convenu d'appeler d'une façon générale l'"antisémitisme" -improprement- ou la "judéophobie" pourrait être défini simplement, du point de vue des victimes, comme l'ensemble des violences subies par les Juifs dans l'Histoire. Mais l'existence de victimes juives implique celle de leurs agresseurs ou de leurs "bourreaux", dont les motivations et les actes peuvent être qualifiés, toujours aussi improprement, d'"antisémites" - car ce ne sont pas "les Sémites" qui sont visés par les "antisémites", mais bien "les Juifs".

Tribune
Publié le 22 Mars 2013

Réflexions sur la "lutte contre le racisme"

 

Par Pierre-André Taguieff pour le Huffington Post

 

Texte extrait de l’article « Antiracisme », à paraître dans : Pierre-André Taguieff (dir.), Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, PUF, coll. « Quadrige », mai 2013 (environ 2000 pages). L'ouvrage comprend 540 articles rédigés par 250 spécialistes de diverses disciplines.

 

Depuis la fin du XIXe siècle, dans les sociétés occidentales, le racisme se manifeste de façon prédominante sous la forme du nationalisme, alors qu'il avait été longtemps porté par l'esclavagisme moderne et l'impérialisme colonial. Il apparaît d'abord dans le nationalisme xénophobe classique visant préférentiellement le pays voisin (ainsi qu'en témoignent les propagandes croisées ayant accompagné les guerres franco-allemandes), ensuite, et de plus en plus depuis les années 1960, dans les ethnonationalismes contemporains qui rejettent les minorités et les "immigrés", jugés dangereux pour l'identité ou l'homogénéité du peuple dominant, ou pour l'ordre intérieur, voire la souveraineté de l'État-nation considéré. Il paraît donc nécessaire que la lutte contre le racisme tienne compte de ces vecteurs privilégiés du racisme que sont les mobilisations nationalistes ethnicisées, qu'elles prennent appui sur des États-nations existants - cas du Front national en France ou du British National Party en Grande-Bretagne - ou s'affirment contre ces derniers en prenant la forme de micro-nationalismes séparatistes à base ethnique - cas des ethno-nationalismes corse, breton, basque, flamand, lombard, etc. On comprend que, depuis les années 1970, l'antiracisme ait souvent pris le visage d'un antinationalisme radical. En France, par exemple, la dénonciation de la "montée du racisme" ou de la "racialisation" s'est opérée par recours à une formule emblématique, devenue slogan : la "lepénisation des esprits et des politiques", le patronyme du leader du Front national devenant ainsi l'éponyme du racisme.

Tribune
Publié le 28 Février 2013

Stéphane Hessel, le faux grand homme

Par Pierre-André Taguieff – dreuz.fr

 

Le temps n’est pas encore venu pour prononcer un jugement d’ensemble nuancé sur ce personnage surestimé à tous égards, et que je tiens pour un faux grand homme.

Tribune
Publié le 21 Février 2013

Propalestinisme, endoctrinement islamiste et judéophobie en France (deuxième partie)

 

Par Pierre-André Tagguieff

 

Ce texte a été publié en trois parties. La première est disponible en cliquant ici. La troisième sera publiée prochainement.

 

Ce qui caractérise la judéophobie dans l’Histoire, c’est d’abord qu’elle est « la haine la plus longue », ensuite qu’elle n’a cessé de prendre des formes nouvelles, de s’adapter à l’esprit du temps, de trouver de nouveaux alibis, d’inventer des justifications inédites. Peu importe aux antijuifs le caractère contradictoire des griefs: les juifs sont en même temps et indifféremment accusés d’être trop « communautaires » ou « identitaires » (trop religieux, « solidaires » entre eux, nationalistes, sionistes, etc.) et trop cosmopolites (nomades, internationalistes, « mondialistes », etc.). 

Tribune
Publié le 15 Janvier 2013

Propalestinisme, endoctrinement islamiste et judéophobie en France (suite et fin)

 

Par Pierre-André Taguieff

 

Ce texte a été publié sur LeHuffPost en trois parties. La première est disponible en cliquant ici. La deuxième ici. Ci-dessous vous trouverez la troisième et dernière partie.

 

Les manifestations inséparablement propalestiniennes et antiisraéliennes de masse observables au cours des années 2000-2012, en France et dans de nombreux pays européens (ainsi qu'aux États-Unis et au Canada), ne se réduisent certes pas à des expressions politisées de la haine des juifs. Il va de soi que tous les manifestants propalestiniens ne sauraient être, pris individuellement, considérés comme des judéophobes convaincus, et que leurs protestations peuvent être motivées par une authentique compassion pour les victimes palestiniennes du conflit. Le problème vient de ce que ces manifestants sincères eux-mêmes ne descendent dans la rue que d'une façon sélective: on ne les voit jamais exprimer une compassion pour les victimes israéliennes, ni manifester contre les attaques terroristes ayant fait des victimes juives, de nationalité israélienne ou non. Ces manifestants ne se mobilisent pas non plus pour la défense des victimes arabes de telle ou telle dictature arabe (le régime syrien, par exemple). Bref, l'indignation et la compassion propalestiniennes sont à sens unique, à cible exclusive, elles ne sont pas universalisables.

 

Tribune
Publié le 14 Janvier 2013

Propalestinisme, endoctrinement islamiste et judéophobie en France (Première partie)

 

Par Pierre-André Taguieff

 

En France, aujourd'hui, les juifs ne sont plus, à quelques rares exceptions près, victimes de discrimination à l'emploi, à l'éducation, au logement. Ils ont librement accès aux métiers des médias et de la culture, aux carrières administratives, et ne font plus l'objet de discriminations dans l'accès aux postes de responsabilité politique.

Tribune
Publié le 28 Septembre 2012

Le racisme aujourd’hui, une vue d’ensemble

Par Pierre-André Taguieff

 

Il serait risqué de se déclarer aujourd’hui « raciste » dans l’espace public. Nul citoyen ne se dit « raciste », sauf à titre de provocation ostentatoire, dans une société démocratique occidentale où le rejet du « racisme » est la norme. Mais rares sont ceux qui pensent que « le racisme » a disparu.

Tribune
Publié le 19 Juin 2012

L’itinéraire du « grand militant mujahid Roger Garaudy » : du communisme au négationnisme

Par Pierre-André Taguieff (la version complète et mise à jour par l’auteur de ce texte est téléchargeable en fichier PDF, ci-contre)

 

Les convertis à l'islam venant de l'extrême gauche suivent souvent, depuis les années 1980, l'itinéraire prototypique d'un Roger Garaudy (1913-2012). Celui-ci, communiste stalinien séduit par le catholicisme, s'est d'abord converti dans les années 1970 à un tiers-mondisme mâtiné d'anti-occidentalisme ou d'hespérophobie ("L'Occident est un accident") (1), puis a épousé la cause du monde musulman, y trouvant un appui décisif pour combattre à la fois l'hyperpuissance américaine, où il voit le principal vecteur du "totalitarisme du marché", et l'État d'Israël, et plus largement le "lobby sioniste international". Le Garaudy anticapitaliste et tiers-mondiste, l'humaniste "sans frontières", pionnier de ce qui s'appellera vingt ans plus tard l'"altermondialisme", était déjà applaudi par les "chrétiens de gauche", qui le suivront dans l'ensemble avec enthousiasme lorsqu'il épousera la cause palestinienne. Garaudy a participé activement à l'entreprise de diabolisation d'Israël qui, à partir de l'été 1982, a pris une ampleur inédite par l'exploitation cynique des massacres de Sabra et Chatila (16-18 septembre 1982) commis par les Phalanges chrétiennes libanaises et attribuées mensongèrement à l'armée israélienne (2). Avant même les massacres de Sabra et Chatila, Israël fut accusé publiquement de "terrorisme d'État" dans un placard publicitaire publié par Le Monde le 17 juin 1982 sous le titre "Après les massacres du Liban. Le sens de l'agression israélienne", signé par Roger Garaudy, le père Michel Lelong et le pasteur Mathiot (3).

Votre demande a bien été prise en compte.
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