Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Le billet de Richard Prasquier - Qui se préoccupe du Haut Karabagh

05 Octobre 2023 | 61 vue(s)
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Actualité
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Droit de réponse
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19 Juin 2015
Catégorie : Actualité

Hier Joel Amar nous a fait part de son analyse de la tribune d'A.B Yehoshua publiée dans Libération le 17 Juin dernier " Du bon usage du Boycott d'Israel".

Aujourd'hui, nous publions le " Droit de réponse " d' Alain Rozenkier, Président de " La Paix Maintenant"

Joel Amar analyse la tribune de l'écrivain A.B Yehoshua publiée hier dans Libération : " Du bon usage du Boycott d'Israel" 
Paru sur mediapicking.com

Viralité des messages, impunité des auteurs, Marc Knobel a choisi de faire le constat de la haine sur internet et de la responsabilité des réseaux sociaux.

Portrait de Invité
Retour sur les lieux du Crime
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29 Avril 2015
Catégorie : Actualité

« Ne pas témoigner serait trahir», Pierre Laurent, journaliste, a participé à la commémoration du soulèvement du ghetto de Varsovie le 19 avril dernier. Article publié dans l'Est Républicain.

 

"Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants, c'est l'indifférence des bons" (Martin Luther King)

Tribune de marc Knobel publié dans le Huffinghton Post 

Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), dimanche 15 février 2015, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué de presse

Le Hors-série de L'Express numéro 28, "Regards sur l'Histoire" consacré aux Juifs de France a mis en émoi une partie de la communauté juive, François Heilbronn, professeur des universités associé à Sciences-Po Paris et Président des Amis français de l'université de Tel-Aviv lui a adressé deux lettres ouvertes publiées dans l'Arche.
 

 

 

Retour sur les événements qui sont intervenus en juillet 2014 et les manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré.

Est-il pertinent de mettre en parallèle “antisémitisme” et “islamophobie”?
Non, cinq fois non:  Ni sémantiquement , ni historiquement,  ni sociologiquement, ni politiquement et encore moins juridiquement, ces deux termes et les deux concepts qu’ils sous-tendent, ne sont de même nature. Il serait non seulement faux, mais aussi dangereux pour tous, de les mettre en regard sur un même plan.

L'antisémitisme : les causes d'un Mal qui s'aggrave.

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

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Opinion

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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L’offensive sur le Haut-Karabagh a été un plein succès pour l’Azerbaïdjan. Elle a entraîné plusieurs centaines de morts du côté arménien, surtout des civils. Asphyxiée depuis avril par le blocus du corridor de Latchine, l’enclave ne pouvait pas résister. Les Russes, l’allié historique, étaient aux abonnés absents quand le corridor a été bloqué, alors qu’ils étaient les garants de l’accord de novembre 2020 par lequel, à la suite d’une guerre de quarante-quatre jours, le Karabagh vaincu avait déjà perdu une partie de son territoire. L’Arménie était trop faible et son chef de gouvernement, qui va rencontrer à Grenade le Président azéri avait lui-même déjà reconnu la souveraineté azérie sur le Haut-Karabagh, dont le sort est scellé. Ses habitants – ils étaient 120 000, beaucoup sont déjà partis depuis 2020 – quittent une région où leurs ancêtres étaient installés il y a des milliers d’années. 

 

Pourquoi une enclave arménienne dans un territoire azéri ? Un sous-produit de la politique des nationalités de l’URSS. Lorsque en 1922, celle-ci créa une République de Transcaucasie associant Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan (qui deviendront des Républiques en 1936), le Karabagh, majoritairement Arménien, fut incorporé à l’Azerbaïdjan. À l’époque, il était malvenu de rappeler des conflits ethniques, le marxisme scientifique devant éliminer ces reliquats du passé. Mais les souvenirs étaient frais, et ils étaient terribles : en 1920, un dirigeant azéri avait déclenché des massacres qui ont culminé avec le pogrome de Shousha, la capitale historique du Karabagh, qui fit plusieurs milliers de victimes arméniennes. 

 

La mémoire des atrocités associée aux discriminations subies par les Arméniens dans la République d’Azerbaïdjan ont provoqué, quand l’URSS s’est disloquée, une révolte des populations arméniennes du Haut-Karabagh soutenues par l’Arménie nouvellement indépendante. Celle-ci remporta une guerre longue (1991-1994) et violente : près de 10 000 morts du côté arménien et 400 000 réfugiés, plus de 20 000 morts et 800 000 réfugiés du côté azéri. Le Haut-Karabagh vécut sous administration arménienne. Son indépendance, sous le nom de Artsakh, ne fut pas reconnue internationalement et les dirigeants azéris juraient de la faire disparaître. Ils viennent d’y arriver. 

 

Poids du passé, absence de protection, abîmes religieux et linguistiques, tous les Karabaghsi qui le pourront vont partir. Il s’agit de l’exil volontaire d’une population, avec ce qu’a d’ambigu le terme de « volontaire » quand l’exil est provoqué par la peur, ou à tout le moins la pensée qu’il n’y pas d’avenir dans la nouvelle donne politique. Depuis un siècle, il y a eu de nombreux exodes de populations qui ont abouti à une épuration ethnique : celui des Grecs d’Asie Mineure, des Allemands de Pologne de l’Ouest, des Juifs d’Afrique du Nord en sont des exemples, alors que la mémoire collective n’a retenu que les Palestiniens pour les raisons que l’on sait. Mais le mot « génocide », qui vient à juste titre à l’esprit s’agissant d’Arméniens n’a pas sa place – pour l’instant, disent les pessimistes. 

 

Ce n’est pas en Azerbaïdjan, alors sous domination russe, qu’a eu lieu le génocide où à partir de 1915 les deux tiers des Arméniens ont été massacrés, anéantissant la présence arménienne dans son foyer historique autour du lac de Van, en Turquie orientale. En revanche la négation du génocide par les autorités azéries et turques est analogue, à quoi s’associe chez les premiers une volonté de réécrire l’histoire et de gommer les apports culturels et historiques de l’Arménie au profit d’une « Albanie » caucasienne largement fantasmée.

 

Sur le plan géopolitique, l’Arménie n’est pas l’Ukraine et aucun État ne bougera, comme d’ailleurs aucun État n’aurait bougé si les plans de Poutine d’opération éclair à Kiev avaient réussi. Certains, et peut-être en Arménie même, considèreront in petto qu’une épine est retirée et que les relations entre les deux États pourraient s’engager sous de meilleurs auspices. Beaucoup concluront que dans un monde où dominent les rapports de force, la faiblesse est une faute. Pour les Arméniens, c’est l’angoisse à l’idée des futurs projets des Turcs et des Azéris : constituer une unité territoriale en reliant au travers de l’Arménie le Nakhitchevan à l’Azerbaïdjan ? Élimination de l’entité arménienne, maintenant que son allié russe l’a abandonnée ? L’Europe compte pour rien et les États-Unis n’interviendront pas, surtout si Trump est élu.

 

Quant à Israël, il pense qu’il ne peut se donner le luxe de la sensibilité émotionnelle quand l’alliance avec l’un des deux pays (l’Azerbaïdjan) est nécessaire à sa lutte existentielle contre l’Iran.

 

Pour les Juifs, que faire d’autre que d’apporter notre solidarité d’individus aux réfugiés du Karabagh ? Les Arméniens, ce sont des frères de mémoire…

 

Richard Prasquier, Président d’honneur du Crif

 

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