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La crainte que les gens expriment, c'est en réalité celle de l'arrivée au pouvoir de partis populistes et xénophobes
Le politologue souligne un clivage générationnel entre les sondés : les moins de 35 ans sont 36% à exprimer de telles craintes, contre seulement 19% des plus de 65 ans. "Ces derniers sont ceux qui connaissent le mieux les tenants et les aboutissants de la Seconde Guerre mondiale, parce qu'ils l'ont personnellement vécu ou ont eu le regard direct de leurs parents", remarque Frédéric Dabi.
La fièvre néopopuliste
Ces peurs relèveraient-elles du pur fantasme ? Crise économique, doutes sur les capacités de la classe politique à y faire face, climat de xénophobie dans certains pays... Des parallèles peuvent être établis entre les années 1930 et la période actuelle. "Mais l'histoire ne repasse jamais les plats et il y a des différences fondamentales, ne serait-ce que parce qu'il existe aujourd'hui une législation contre le racisme et l'antisémitisme", tranche le spécialiste de l'extrême-droite Jean-Yves Camus. S'il note qu'il faut s'inquiéter de la montée en puissance de partis néo-fascistes comme Jobbik en Hongrie ou Aube dorée en Grèce (voir ci-contre), le chercheur à l'Iris qualifie leur capacité à arriver au pouvoir de « pratiquement inexistante ».
"La crainte que les gens expriment, c'est en réalité celle de l'arrivée au pouvoir de partis populistes et xénophobes, estime-t-il. Et là, l'affaire est déjà jouée d'avance puisque des formations de ce type ont déjà accédé au gouvernement". Parti de la Liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas, FPÖ autrichien du temps de Jorg Haïder, Ligue du Nord en Italie, où Silvio Berlusconi vient de susciter un tollé en rendant hommage à Mussolini... Ces mouvements auprès desquels peut-être rangé le FN ont enregistré des succès électoraux ces dernières années. De quoi faire redoubler les vigilances.
Le sondage de l'Ifop pour Metro dans son intégralité