Le 22 mai dernier, sept Égyptiens – six policiers et un soldat – kidnappés dans le Sinaï ont été libérés sains et saufs. De longues tractations ont été menées entre un représentant de la sécurité militaire, un cheikh salafiste et un dignitaire de la tribu bédouine Swarka. Selon la version officielle, aucune concession n’a été faite ; cependant les ravisseurs courent toujours. Ils ont compris combien leur position était intenable : l’Égypte a refusé de céder à leur chantage. Pour une fois, la classe politique tout entière et l’opinion publique ont condamné l’opération. L’armée a massé hélicoptères, blindés et forces spéciales en vue d’un assaut ; furieux de l’attaque contre leurs collègues, les policiers ont bloqué le poste frontière de Rafah, et des milliers de Palestiniens se sont trouvés pris au piège. Inquiet, le Hamas a proclamé qu’il n’était pour rien dans l’affaire.
De récentes révélations éclairent d’un jour nouveau la façon dont le Hamas et les Frères musulmans auraient travaillé de concert au cours des manifestations de masse qui ont entraîné la chute de Moubarak. Selon le quotidien cairote El Masry el Yom citant une « source sécuritaire haut placée », Khaled Tharwet, le directeur de la Sécurité égyptienne (Amn el Dawla), aurait remis à Khairat el-Shater, vice guide suprême de la Confrérie, la transcription de cinq conversations téléphoniques interceptées durant les journées fatidiques de janvier 2011.
La réaction instinctive en Égypte lorsque des missiles lancés à partir du Sinaï ont atteint Eilat, le 17 avril, a été de dire que ce n’était pas vrai. Trois « experts » – généraux à la retraite ou commentateurs militaires – sont montés au créneau pour expliquer que la chose était impossible. L’un d’eux a tout de même dit du bout des lèvres que vérifier la nouvelle à l’aide d’images satellites prendrait du temps ; pour un autre, le dispositif « Dôme de fer » positionné à Eilat étant en mesure de détruire tout missile venu d’au-delà des frontières, les missiles ayant frappé la ville venaient donc du territoire israélien. Le gouverneur du sud Sinaï a renchéri (on se souvient que son prédécesseur avait accusé le Mossad d’avoir envoyé un requin à Sharm el Sheikh pour porter atteinte au tourisme égyptien). Enfin, « de source militaire digne de foi, mais souhaitant ne pas être identifiée » rien dans l’enquête préliminaire n’indiquait que les missiles venaient d’Égypte.
Pour les Frères Musulmans le rêve est en train de tourner au cauchemar. Ils se sont battus pendant presque un siècle pour arriver au pouvoir ; ils ont tenu bon malgré les persécutions et sont arrivés à leur but démocratiquement. Et soudain l’économie est en chute libre et l’anarchie gagne du terrain tandis que la foule scande des slogans réclamant leur départ. Ils font la sourde oreille. Morsy n’a pas l’intention de céder la place. Il a toute la Confrérie derrière lui et ne reculera devant rien pour se maintenir au pouvoir.
Par Zvi Mazel, ancien ambassadeur d’Israël, pour le CAPE de Jérusalem
Dure prise de conscience pour Washington : il est bien loin le temps où l’Égypte était la carte maîtresse des Américains au Moyen-Orient ! Le président Moubarak était le chef de file des pays pragmatiques face à l’Iran, garant de la stabilité de la région et de la paix avec Israël. Pour la deuxième fois en moins d’un an, un Secrétaire d’État américain arrivant les bras chargés de cadeaux est fort mal reçu.
Par Zvi Mazel, ancien ambassadeur d’Israël en Egypte et Fellow du Centre de Jerusalem pour les Affaires Publiques.
Le monde fait mine de s’étonner de voir les Frères Musulmans montrer au grand jour leur haine des Juifs et de l’Etat juif. Les Etats-Unis demandent au président Morsi de clarifier des propos hautement antisémites (« les Juifs sont les descendants de singes et de porcs, il faut inculquer aux enfants la haine des Juifs »). Essam Erian, l’un des dirigeants de la Confrérie en Egypte, appelle les Juifs égyptiens vivant en Israël à revenir pour faire place aux Palestiniens rentrant au pays après la disparition d’Israël, un événement qui selon lui devrait intervenir dans les dix ans. Une proposition qui est l’expression de l’étendue de l’antisémitisme du mouvement : un Etat juif ne peut pas exister, et les Juifs ne peuvent qu’aspirer à être des citoyens de seconde classe dans les pays arabes, avec le statut de dhimmi, soumis à la Charia et à ses lois et sous la « protection » de l’Islam aussi longtemps qu’ils acceptent ce statut. Jadis, les Juifs égyptiens, comme les autres égyptiens non musulmans, devaient payer une taxe spéciale. Des voix se font entendre en Egypte pour réclamer la restauration de cette taxe abolie à la fin du XIXème siècle par un empire ottoman très affaibli.
La chute de Moubarak avait laissé croire à une nouvelle ère porteuse d’espoir. Elle aura surtout laissé libre champ à la viscérale haine des Juifs des Frères musulmans.
Le monde fait mine de s’étonner de voir les Frères musulmans montrer au grand jour leur haine des Juifs et de l’État juif. Les États-Unis demandent au président Morsi de clarifier des propos hautement antisémites (« les Juifs sont les descendants de singes et de porcs, il faut inculquer aux enfants la haine des Juifs »). Essam Erian, l’un des dirigeants de la Confrérie en Égypte, appelle les Juifs égyptiens vivant en Israël à revenir, pour faire place aux Palestiniens qui rentreront au pays après la disparition d’Israël, un événement qui, selon lui, devrait intervenir dans les dix ans. Cette proposition n’est autre que l’expression de l’étendue de l’antisémitisme du mouvement : un État juif ne peut pas exister, et les Juifs ne peuvent qu’aspirer à être des citoyens de seconde classe dans les pays arabes, avec le statut de dhimmi, soumis à la Charia et à ses lois, et sous la « protection » de l’islam, aussi longtemps qu’ils acceptent ce statut.
Quand l’Iran et l’Égypte sont à la recherche d’un terrain d’entente.
C’est ostensiblement dans le cadre du sommet de la Coopération islamique qu’Ahmadinejad s’est rendu au Caire. En fait, il voulait explorer comment développer les relations avec l’Égypte. C’était sa troisième rencontre avec Morsi depuis l’élection de ce dernier à la présidence en juin 2012. Comme les deux précédentes, elle se tenait dans le cadre d’une réunion internationale ou islamique, mais les observateurs n’ont pas manqué d’observer la chaleur des accolades et les longues discussions. Il est clair que les deux hommes cherchent à tourner la page de l’ère Moubarak.
Ce texte est publié dans la rubrique Tribunes Libres réservée aux commentaires issus de la presse. Les auteurs expriment ici leurs propres positions, qui peuvent être différentes de celles du CRIF.
Le pèlerinage annuel sur la tombe de Rabbi Abou Hatseira n’aura pas lieu. Ainsi en ont décidé les autorités égyptiennes, évoquant «les circonstances» qui ne permettraient pas d’assurer la sécurité des délégations juives venant s’incliner sur la tombe du saint homme. De source égyptienne, on a aussi appris que les ambassades des pays envoyant le plus grand nombre de pèlerins – Israël, le Maroc et la Russie (?) avaient été informées que leurs ressortissants ne recevraient pas de visa.