70 ans après la rafle du Vel d'Hiv, l'antisémitisme n'a pas disparu en France
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Déjà fin mai, 268 actes ont été répertoriés : 78 actions violentes et 190 intimidations. Et lors de la minute de silence, imposée dans toutes les écoles en hommage aux victimes de l’école Ozar Hatorah, de nombreux incidents sont survenus. Des jeunes, en général issus du Maghreb ou d’Afrique noire, ont refusé de respecter cette cérémonie au motif qu’on n’en fait "pas autant pour les enfants palestiniens". Au quotidien – les chiffres en témoignent – les agressions se multiplient et la parole se libère. Dans certains quartiers populaires, un antisémitisme rampant intègre la routine. La majorité des signalements se situent à Paris, en Ile-de-France, en banlieue lyonnaise et à Marseille. Le port de la kippa donne souvent prétexte à l’offense.
Comment expliquer ce regain de haine à l’encontre des Juifs ? Deux éléments peuvent être avancés. D’une part, la deuxième intifada, au tournant des années 2000 a réveillé les pulsions islamo-intégristes. La reprise du conflit israélo-palestinien conforte les réflexes d’appartenance au groupe soi-disant opprimé. D’autre part, des jeunes musulmans, discriminés, peuvent nourrir un sentiment de révolte contre ceux qu’ils jugent puissants et influents. Par là, l’antisémitisme d’aujourd’hui n’est pas si éloigné de l’antisémitisme des années 1930. Le 5 juin dernier, à la suite de la violente agression de Villeurbanne, Manuel Valls a annoncé "des mesures concrètes pour renforcer la sécurité de la communauté juive de France".
Le ministre de l’Intérieur maintient le plan de protection des écoles juives. Aussi, prévoit-t-il de débloquer des moyens financiers supplémentaires pour sécuriser les lieux et bâtiments privés. Par ailleurs, les sites propageant des idées antisémites seront plus sérieusement filtrés. Enfin, le ministre invite les professeurs à plus de prévention pour lutter contre la minimisation de l’antisémitisme.
