Propos recueillis par Christophe Cornevin
Directeur du Centre de français de recherche sur le renseignement, Éric Denécé décrypte l'assassinat à l'arme blanche du soldat britannique, mercredi, dans un quartier du sud-est de Londres. Un geste commis «au nom d'Allah» qui témoigne de l'éclatement des réseaux terroristes traditionnels.
Le Figaro : Deux islamistes présumés viennent de tuer un militaire à Londres. Quelle est la signification de leur geste?
Éric Denécé : Cet acte barbare est la traduction de nouvelles pratiques terroristes qui ont évolué après avoir subi la pression des services spécialisés multipliant opérations et démantèlements de structures. Aujourd'hui, les cellules islamistes ne peuvent plus mettre sur pied aussi facilement des attentats majeurs tels que ceux qui ont frappé l'Europe dans la première partie des années 2000, comme à Londres ou Madrid. Désormais, tout est verrouillé. Les réseaux de transports, les espaces publics ou encore le matériel explosif font l'objet d'une étroite surveillance. Et nombre de chefs terroristes ont été neutralisés.