Le renforcement prévu des lois antiracistes en Grèce tourne à la foire d’empoigne au sein du gouvernement et entre partis, illustrant les errements de la classe politique face à la flambée néonazie, suivis avec inquiétude de Bruxelles à Washington.
Au départ, l’objectif du ministère de la Justice, tenu par le petit parti de gauche Dimar au sein de la coalition gouvernementale, était simple: intégrer, avec un retard de trois ans, le cadre européen de lutte contre les comportements racistes et xénophobes, et donner un coup d’arrêt aux violences visant étrangers et minoritaires, impulsées et généralisées en Grèce par la mouvance néonazie du parti Aube Dorée. Mais très vite, les contradictions internes à l’attelage gouvernemental et au parti conservateur du Premier ministre Antonis Samaras, Nouvelle-Démocratie (ND), ont fait capoter le projet de loi, prévoyant la remise à niveau d’un cadre législatif datant de 1979.